ILLATS
et les
Illadais
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 Évocation d'un lieu:
LA HOUNTÈTE
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Cet article a été publié dans la revue locale de l’Eglise catholique Le Lien des deux Rives en 1984 par Bertrand Dubrey, un passionné d’histoire locale aujourd’hui décédé.



LA HOUNTÈTE

(La petite fontaine)

 

Le lieu de la Hountète ... est peu connu des Illadais. Il est situé à la limite des communes d’Illats et de Barsac du côté opposé à l'endroit où se fait actuellement le Moto-cross. Avant que les carrières de pierre ne fussent ouvertes, l’endroit était difficile à découvrir,  ce qui n’est plus le cas désormais.

Ces monuments mégalithiques découverts  en 1839, étaient ce que l’on appelle en langage archéologique des Allées couvertes. A cette époque, ils étaient encore debout et consistaient en deux rangs de pierres droites et un rang de pierres horizontales. Le premier de ces monuments était formé de neuf ou dix blocs, dressés symétriquement sur deux lignes parallèles ; ils formaient  une allée longue de 12 m et large de 90 cm, qui paraissait avoir été jadis fermée à l’extrémité orientale. Le  plus gros des blocs avait 2 m de hauteur, 1, 90 m de largeur et 45 cm d’épaisseur. A quelques pas de ce monument, il y avait un autre assemblage de menhirs, plus petits, mais très bien caractérisés. Là, l’allée n’avait que 7 m de long sur 1, 25 m de large.

 Les causes de la construction de cet ensemble monumental, nous ne les connaissons pas mais la proximité de ce sous-sol pierreux, où nous pouvons encore voir de très gros blocs de pierre y était sans doute pour quelque chose. L’architecture des Gaulois était nulle. Or, comme il leur fallait des temples pour le culte, ils convinrent qu’une galerie serait le temple et un dolmen, le sanctuaire ou l’autel. Le dolmen ou allée couverte recouvrait généralement les cendres des demi-dieux. Tertullien nous apprend que les prêtres gallo-aquitains passaient des nuits entières prés des tombeaux des héros afin d’en recueillir les oracles. Parfois, la grande table du dolmen était le tribunal sur lequel siégeaient les druides qui rendaient la justice.

 Ce monument fut sans doute connu de nos ancêtres car il en est résulté un démantèlement des pierres et leur dispersion dans tout le village. En effet, en 1908, l’archéologue Augey, sur les conseils de M. Ducau et en compagnie de Gabriel Cantau et de Firmin Bouscasse, alla visiter ces monuments. Les pierres étaient couchées, recouvertes de mousse et de lierre. Néanmoins, on pouvait encore distinguer la forme monumentale de l’ensemble. Augey fut très impressionné car il écrivait : « Site sauvage saisissant, sinistre à certaines heures. Des supports de dolmens en forment le cadre. Si on laissait libre cours à l’imagination, quelles scènes troublantes, tragiques, hallucinantes, cet étrange paysage, sombre et fantastique décor, n’évoquerait-il pas ? Là revivrait le passé druidique car nulle autre place, dans un rayon très étendu ne fut aussi propice à la célébration des rites sanglants. »

 Augey précise que la démolition de ces allées couvertes fut une grande perte pour l’archéologie girondine car certaines pierres, aujourd’hui introuvables, portaient même des inscriptions.

De ce passé si lointain que nous reste-t-il aujourd’hui ? Vraiment peu de choses : d’énormes pierres recouvertes de mousse où poussent même des arbres. Même la jolie source (d’où le nom de la Hountète ou petite fontaine) dont l’onde refléta les images de nos aïeux, à cause de la transformation du terrain alentour a disparu. A nous peut-être de perpétuer malgré tout le souvenir de cette aube de l’humanité surgie dans cet endroit isolé et de garder dans notre mémoire les légendes du Veau d’Or ou d’un trésor enfoui léguées par nos ancêtres.

Bertrand DUBREY, cité par Gilles BAILLET





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